Jafar Panahi et Mahama Rasoulov

En décembre 2010, Jafar Panahi et Mahama Rasoulov ont été lourdement condamnés à des peines de prison et une interdiction de filmer. La Cinémathèque suisse a fait partie du groupe d’institutions – avec la Cinémathèque française – et d’intellectuels qui ont créé et signé une pétition pour les soutenir (signer la pétition) parce qu’on ne peut pas priver un artiste de son outil d’expression et que ces deux cinéastes ne doivent en aucun cas retourner en prison.
Aujourd’hui, alors que plus de 20’000 personnes se sont ralliées à cet appel, il faut continuer à se préoccuper du sort de ces cinéastes.

Le cinéaste iranien Jafar Panahi risque d’être bientôt emprisonné. Une cour d’appel iranienne a en effet confirmé sa condamnation à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de faire des films, de voyager ou de donner des interviews.

Le jugement en appel « a été rendu il y a deux semaines mais n’a pas encore été appliqué et Jafar Panahi demeure libre pour l’instant », a indiqué samedi 15 octobre un membre de sa famille. « Nous n’avons pas reçu d’information sur ce verdict qui ne nous a pas été confirmé » officiellement, a toutefois précisé l’avocate du cinéaste Farideh Ghairat.

Le quotidien gouvernemental Iran a, de son côté, indiqué samedi que la cour d’appel avait confirmé la sentence initiale.

« PROPAGANDE CONTRE LE RÉGIME »

M. Panahi avait été condamné en décembre 2010 pour « activités contre la sécurité nationale et propagande contre le régime » après avoir entamé la réalisation d’un film sur les troubles ayant suivi la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

Sa condamnation inclut également l’interdiction d’écrire des scénarios pendant 20 ans. Une fois sa peine de prison purgée, Jafar Panahi pourrait être autorisé à se rendre à l’étranger uniquement pour participer au pèlerinage à la Mecque ou « pour raisons médicales ».

Agé de 51 ans, Jafar Panahi, connu pour ses satires sociales grinçantes, est l’un des cinéastes de la « nouvelle vague » iranienne les plus connus à l’étranger où il a reçu de très nombreuses récompenses, notamment aux festivals de Cannes, Berlin ou Venise.

Sa condamnation en décembre avait suscité une vague de protestation dans les milieux artistiques et politiques européens, qui se sont mobilisés pour demander à Téhéran d’abandonner les poursuites contre le cinéaste.

Source: www.lemonde.fr

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